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Flûtes des mornes ou la passion d’un homme

Flûtes des mornes, un son du terroir

Atelier fluttes des mornes

Gérard Parfait vit avec ses flûtes des mornes comme avec des amis de longue date.

Il va les chercher « au bon moment », entendez par là, qu’il va les couper soigneusement, 3 jours après la pleine lune, dans les forêts de bambou.

Il les accompagne tout au long de leur vie musicale, sachez alors qu’il confectionne l’instrument depuis son origine végétale à la sonorité choisie.

Enfin il cherche patiemment le son le plus juste possible comme un ami accorde bienveillance et temps pour accompagner un chemin.

Gerard - Fluttes des mornesAinsi Gérard vit dans cet univers, qui illustre les flûtes des mornes avec ses « notes de noblesse » dans un quartier du Lamentin.

Mais c’est aussi un langage qui appartient au patrimoine martiniquais, me rappelle-t-il.

Autrefois en vogue, la flûte des mornes s’invitait aux déjeuners dansants, sur tout le territoire pour les plus heureux des guincheurs et autres joueurs de bèlè.

Comme la conque de lambi un son transmis de morne à morne…

Passion pérenne au fil du temps

Livret de chants

Encore en culottes courtes, Gérard visite un voisin, car des notes « sorties de nulle part » attirent son oreille. Il repart alors avec une flûte des mornes qui sera son totem pour la musique. Il n’a que douze ans…

Fluttes des mornesEntre ici et là-bas, sa vie professionnelle ne l’éloigne pas de ce chemin « tout en chansons ». Lors d’une « permission » (nous sommes alors en 1967), Gérard, militaire, en profite pour fabriquer ses premières flûtes accordées.

De retour au péyi en 88, il ne cessera de transmettre sa passion auprès de ses nombreux élèves et aussi à un de ses fils, guitariste. Même Dédé Saint-Prix est venu chercher ses flûtes des mornes !

Gerard et Clara

Gerard Parfait

Aujourd’hui du haut de ses quatre-vingt ans, me confie-t-il, sa passion reste intacte… et se livre à coeur ouvert pour ceux qui ont la chance de le croiser.

Fabrication des flûtes des mornes

Plus de trente années de recherche et de calcul pour trouver « LA » sonorité, celle qui embellit la mélodie, celle qui accompagnera aussi le tambour ou le piano.

La sonorite - flutes des mornes

Sans relâche, Gérard fabrique cet objet de A à Z ou plutôt de Do à Sol !

Do à Sol

Après avoir coupé le bambou, il le fait sécher … attention trop sec, le bois casse, trop mou, le son « chatouille » l’oreille de Gérard !

Donc il est question d’aspect, de couleur, de temps, de son mais aussi de tendresse.

Le bambou est ainsi… il se travaille avec minutie et doigté.

accordeurMesuré pour une longueur adéquate, calibré pour un diamètre qui donnera une certaine note, le bambou sera alors testé et accordé selon les ondes repérées sur l’accordeur.

Car l’embouchure est taillée et une flopée de calculs savants permet de repérer l’endroit précis où les six autres trous seront parachevés.

Alors que le bec-perroquet finalise le perçage

bec perroquet

Un long travail d’expérience, de dextérité mais aussi d’amour pour un savoir-faire hors du commun ! Écoutez, arrêtez-vous… le son nous transporte… même au-delà des mornes.

Fille de Clara et Gerard