Quand des Martinico-Bretons troquent les alizés contre les sommets …
Alizés martiniquais contre sommets alpins
Il y a des voyages qui commencent bien avant de prendre la route.

Le nôtre commence depuis le Lamentin à Saint-Gildas-de-Rhuys, en Bretagne “profonde”. Puis un van à récupérer, une liste de choses à préparer (longue comme le bras…) et une destination en tête : Les Houches, au pied des Alpes, pour sept jours de randonnée.

Jusque-là, rien de surprenant. Le van fait partie de notre vie de vacanciers depuis fort longtemps : l’Australie et son désert, la Norvège et ses fjords, l’Islande et son cercle d’or …
Alors l’aventure continue, à “donf les pneus” !
Mais cette fois, changement de décor : après les t-shirts, les cirés bretons ; après les tongs, les “crampons” ; et après les alizés, les sommets !
Bref, pour des Martinico-Bretons décalés, la montagne et le froid, c’est une petite révolution. Mais avant de vous raconter nos aventures sur les sentiers alpins, voici les coulisses de la préparation de notre voyage… depuis Vannes en van !
De la Bretagne aux Alpes : le road-trip commence
Plus de 1 000 km de gomme nous attendent pour rejoindre Les Houches.
Mais hors de question d’avaler les kilomètres sur l’autoroute sans regarder autour de nous ! Le trajet fera partie du voyage, avec quelques jolies étapes choisies au gré de nos envies et… de Google Maps. Ceux qui nous sont proches… le savent déjà !
Notre maison roulante, au millimètre près, nous permettra de dormir, manger, boire, se doucher, recharger les téléphones, préparer les affaires de randonnée…
Et là, au moment de charger, un léger problème se profile… N’est-ce pas, Rachel ?
Parce qu’un van, c’est un peu comme une valise : au départ, on est persuadé que tout va rentrer. Et puis on découvre qu’une simple paire de chaussures peut prendre beaucoup de place. On aurait presque envie de les garder aux pieds !
Alors, optimisation de l’espace obligatoire.
Notre objectif : avoir tout ce dont nous avons besoin, mais surtout pouvoir retrouver une paire de chaussettes sans vider la moitié du van. Tu sais Clara … l’organisation efficiente ! 😉
Notre matériel de survie (au cas où…)
Une randonnée alpine pour des Martinico-Bretons, c’est un peu notre version du Koh-Lanta… ! Nos filles (surtout une, elle se reconnaîtra !) nous ont tellement poussés à anticiper que nous avons fini par nous prendre au jeu.
Pas question pour autant de partir avec un sac de 25 kg rempli de « au cas où ».
Quelques indispensables trouveront quand même leur place :
- lampe frontale (en cas de rentrée nocturne…) et une boussole (si jamais on perd le nord !) ; des bâtons de marche (à tester avant la rando !)
- couverture de survie et un sifflet (si je perds mon époux, je siffle… à moins que ce ne soit l’inverse !)
- couteau multifonction (indispensable pour le saucisson … végétarien évidemment !)
- petite cordelette et du ruban adhésif solide (le bricoleur a parlé…)
- une poche à eau et quelques barres énergétiques pour les petits coups de mou
- de la crème solaire et des lunettes de soleil (il fera beau, c’est sûr !)
- une batterie externe, parce qu’un téléphone peut se décharger plus vite qu’on ne l’imagine, surtout utilisé en mode GPS.
Certains ne serviront probablement jamais. Enfin… j’espère !
La couverture de survie, par exemple, ne prend presque pas de place. Mais après mon expérience au sommet de la Montagne Pelée, je sais qu’on peut vite “gelée” dès qu’on reste immobile.
Et entre la Martinique et les Alpes, il y a quand même un petit changement d’échelle !
La Montagne Pelée, c’était un avant-goût… Les Alpes, c’est une autre dimension !
Bon ! Notre kit de survie soigneusement préparé peut rassurer les filles, et rassurer un peu les parents que nous sommes … et partir l’esprit tranquille. Enfin… tranquille, c’est vite dit ! Parce qu’avant même de chausser nos chaussures de randonnée, il faut déjà les choisir …
Les chaussures, nos meilleures amies
Sept jours de randonnée dans les Alpes, ce n’est pas exactement une promenade digestive sur le sentier côtier de Saint-Gildas-de-Rhuys !
Dénivelés annoncés : jusqu’à 1 000 mètres. Alors, chaussures adaptées obligatoires : semelles crantées, bonne accroche et maintien suffisant. Bref, tout ce qu’il faut pour éviter de transformer une descente en séance de patinage artistique !
Surtout, pas de chaussures neuves !
Même si elles sont magnifiques et « super confortables ».
Même si, dans le magasin, on a l’impression de marcher sur des nuages.
Quelques sorties avant le départ permettent de vérifier les frottements, le maintien et le comportement dans les montées comme dans les descentes.
Et pas trop vieilles non plus, hein… celles qui s’ouvrent comme des huîtres qui baillent, on connait !
Parce que les jarrets peuvent flancher… mais pas les chaussures !
La pharmacie des ti-bobos
Pas besoin d’emporter le CHUM dans le van ! Une petite trousse d’appoint devrait suffire : pansements pour ampoules, compresses, désinfectant, sparadrap, bandes, sérum “phy”, petite pince, ciseaux, chaufferettes, pastilles pour l’eau et quelques médicaments courants.

L’objectif : gérer les petits bobos sans transformer notre randonnée en intervention chirurgicale.
Parce qu’après quelques jours, certaines parties de notre anatomie (je ne vous avoue pas lesquelles …) pourraient bien réclamer une pause dans le van… Et là, notre pharmacie pourrait devenir notre meilleure alliée !
La sécurité, au-delà de notre téléphomania !
Notre téléphone sait presque tout faire : météo, cartes, itinéraires, photos… 
Mais en montagne, mieux vaut ne pas lui faire une confiance aveugle.
Carte papier, boussole, itinéraires préparés et cartes hors connexion seront donc également du voyage. Pochettes hermétiques pour les protéger.
Car une batterie peut se vider, le réseau disparaître et le téléphone… tomber !
Entre « je sais où on est » et « je crois qu’on va par là », il y a parfois toute une montagne … sans le fromage ! Hihi !
La météo : la question du jour
Chez nous, en Martinique, on regarde le ciel et on se demande : « Est-ce qu’on aura une ondée cet après-midi ? »
Dans les Alpes, ce sera plutôt : « Quelle température fait-il là-haut ? »
Et surtout : « Est-ce qu’un orage est prévu aujourd’hui ? »
Là, plus question de plaisanter. En montagne, la météo peut rapidement changer la donne. Habitués aux températures tropicales, il va donc falloir nous rappeler à quoi servent une polaire, un bonnet et des gants !
Merci Christine pour ce cadeau de nwel prémonitoire !
S’habiller comme des oignons
Pour la randonnée, place aux vêtements techniques, légers et faciles à faire sécher.
Chaussettes adaptées, vêtements respirants, couche chaude, veste imperméable et coupe-vent, pantalon de randonnée, bonnet, gants…
Le principe sera simple : superposer les couches (en 1er 1 tricot de corps mérinos de préférence / en 2ème 1 ou plusieurs couches isolantes dites “polaire ou duvet naturel” et en 3ème 1 couche protectrice en Goretex par exemple) et adapter toutes ces pelures en fonction de la température.
Une couche en moins en montée.
Une couche en plus quand ça fraîchit.
Une veste quand le vent se lève. Sans oublier une cape pour sac compris.
Bref, on va s’habiller comme des oignons. En espérant avoir les couches… mais les larmes en moins !
Et dans les sacs : un peu de carburant !
Quelques fruits secs, barres énergétiques, fruits, sandwichs et repas faciles à transporter nous accompagneront sur les sentiers. Même si on n’a pas résisté … aux avocats du jardin !
Et bien sûr des boites hermétiques et couverts en plastique pour le midi.
Juste de quoi reprendre des forces sans transformer chaque pause en pique-nique de mariage ! Et si une bonne spécialité locale se présente au détour du chemin…
Évidemment, nous ne sommes pas contre une petite entorse au programme. Celle-là, on la prend sans Elasto !
Check-list avant de partir (bis répétita)
Avant de fermer les portes du van :
- matériel de randonnée et de survie
- cartes et guides ; documents utiles (pièce d’identité, carte bancaire et argent liquide)
- chaussures et vêtements adaptés
- pharmacie
- téléphone, câbles et batteries et appareil photo (option)
- nourriture et eau
- sans oublier les temps “récré” comme bon nous semble !

Parce qu’il y a toujours ce fameux moment : « On n’a rien oublié ? J’ai l’impression que si… ». Mais en attendant… reste à savoir quoi !
Van chargé, chaussures testées, pharmacie embarquée, sacs presque prêts… Chéri, où as – tu mis le tire-bouchon ?
Ainsi les Martinico-Bretons peuvent enfin prendre la route ! Vous nous suivez ?
